Un arbre qui penche n'est pas forcément dangereux: certains sujets ont grandi ainsi et compensent leur inclinaison par leurs racines et leur bois de réaction. L'alerte devient sérieuse lorsque l'angle change rapidement, que le sol se soulève au pied, que des racines se rompent ou qu'une fissure apparaît dans une fourche. Une cavité humide, des fructifications de champignon, une zone d'écorce morte ou une branche maîtresse récemment cassée justifient également un diagnostic rapproché.
L'arboriste grimpeur observe le collet, le tronc et le houppier. Il recherche un champignon lignivore susceptible de dégrader le bois porteur, sonde les défauts accessibles et replace chaque symptôme dans l'histoire de l'arbre. Sur le littoral héraultais, une voilure dense exposée aux vents peut aggraver un défaut mécanique déjà présent. Une réduction ciblée diminue parfois la prise au vent. Un haubanage peut stabiliser certaines fourches, avec un suivi périodique obligatoire.
Lorsque la tenue mécanique ne permet plus de conserver le sujet à proximité des personnes ou des bâtiments, l'abattage devient la décision responsable. Il peut se faire par démontage, morceau après morceau, dans un jardin étroit. Les soins phytosanitaires ne réparent ni une racine rompue ni du bois déjà décomposé. En attendant l'avis, condamnez la zone sous le houppier, ne stationnez pas à proximité et évitez toute intervention après pluie forte ou rafale.